Ainsi donc, telle est une chose quand elle est faite, telle est sa nature; et telle elle est par sa nature, telle elle est quand elle est faite, toutes les fois que rien ne s'y oppose. Or, elle est faite en vue d'une certaine fin; donc elle a cette fin par sa nature propre. En supposant qu'une maison fût une chose que fit la nature, la maison serait par le fait de la nature ce qu'elle est aujourd'hui par le fait de l'art; et si les choses naturelles pouvaient venir de l'art aussi bien qu'elles viennent de la nature, l'art les ferait précisément ce que la nature les fait; donc l'un est fait pour l'autre. En général, on peut dire que tantôt l'art fait des choses que la nature ne saurait faire, et tantôt qu'il imite la nature.

Aristote

Physique, Livre II, chapitre VIII, & 6, Traduit par J. Barthélemy Saint-Hilaire